Née en 1935, Éliane Leplay, après ses études à l’École des Surintendantes, a travaillé dix ans à la MSA de l’Oise avant de devenir, en 1969,  formatrice à l’École des Surintendantes puis directrice en  1976. Elle a été, de 1978 à 1987, présidente du Comité de Liaison des Centres de formations continues et supérieure en travail social. Elle a marqué le service social par son engagement dans le développement de la recherche en travail social.

Éliane Leplay est née le 12 novembre 1935 à Creil dans l’Oise, dans une famille de meuniers et de boulangers exerçant ces métiers depuis plusieurs générations.

Avec un Brevet supérieur, obtenu juste après la guerre, son père devient, dans les années 20, représentant des Grands Moulins de Paris, en Normandie. Après sa libération en 1941 d’un camp de prisonnier, il devient directeur du Groupement de Répartition des Farines à Creil, puis en 1946 directeur de l’Union Meunière de l’Oise à Compiègne jusqu’à sa retraite en 1967, avant son décès en 1969. Sa mère, Geneviève Clément, fille unique, qui a perdu son père en 1917, interrompt la dernière année de ses études secondaires au lycée du Havre pour soigner sa mère qui décède en 1928. Elle se marie avec Jean Leplay en 1929 et sera « une mère au foyer exemplaire de solidité physique et morale, de bonté et de générosité », selon les termes d’Éliane. Elle meurt à 93 ans en 2000.

L’enfance d’Éliane est marquée par l’exode et l’emprisonnement de son père en 1940 et par les cinq premiers bombardements de CREIL en 1943, vécus comme « terrifiants », imposant de nombreux déménagements jusqu’en septembre 1946 où la famille se restabilise dans l’Oise à Compiègne. Une « famille particulièrement aimante et protectrice », d’après Eliane, avec un père doté de très nombreux talents (peinture à l’huile, jeux de société, piano et sports…) qui le conduisent à partager ces activités avec ses enfants : deux filles nées en 1931 et 1935 et un garçon en 1946 qui deviendra Ingénieur civil des Ponts et Chaussées. Un père qui« fait aussi les bons choix dans toutes les situations périlleuses, qui furent nombreuses dans cette période », selon le témoignage d’Eliane qui rajoute : « Lorsqu’on en sortait, on jouait, on riait, mais les traces et les séquelles de ces épreuves ont eu la vie longue ».

Éliane Leplay dit avoir bénéficié des qualités fondamentales de ses parents, malgré la dimension tragique de ces vies qui ont demandé une formidable énergie. La pratique de haut niveau du jeu d’échecs de son père (« champion de France par correspondance ») reste pour elle un apprentissage majeur, en termes de capacité à analyser une situation et adopter des conduites stratégiques. Le scoutisme a été toutefois sa grande école de la vie. Depuis l’âge de 7ans jusqu’à 20 ans, elle y a appris l’amour de la nature : « dormir sous la tente ou à la belle étoile, et chanter ; s’aventurer dans les montagnes sur des sentiers raides et contempler des paysages incroyables et les arbres splendides, la richesse de la vie de groupe, les jeux, la communication, l’entr’aide, la créativité, l’encadrement d’une équipe pour relever les défis de projets collectifs ». Elle y a puisé, lors de son adolescence entre 13 et 19 ans, la force de faire face à la maladie grave de sa sœur aînée et à sa disparition brutale, en juillet 1954.Cette tragédie bouleverse radicalement ses projets – elle a alors 18 ans – et précipite, son entrée dans la vie professionnelle ; elle abandonne ses études universitaires en sciences (math-physique-chimie) et devient élève assistante sociale en septembre 1954 à l’Ecole des Surintendantes d’usines et de services sociaux. Si le choix de cette école est lié au conseil d’un membre de sa famille, Éliane Leplay n’est pas sans faire le lien entre le choix de ce métier et l’une des devises scoutes qu’elle sait toujours par cœur : « La guide est faite pour servir et sauver son prochain ». Elle trouve dans l’école une autre communauté de vie ; elle devient tout de suite déléguée de promotion ! Le compte rendu du rapport de sa première expérience de stage infirmier est éclairant : elle exprime ouvertement son manque d’intérêt pour les tâches techniques soignantes et son attachement à la « rencontre » de l’autre et à son altérité. Elle entend alors parler du case-work par des monitrices dans le cadre de leur suivi des stagiaires, mais celui-ci n’est pas enseigné à l’école à ce moment-là. Elle obtient en 1957 le diplôme d’état d’assistante de service social. Elle a alors 22 ans.

Une première expérience professionnelle rythmée par un investissement important dans sa formation au Casework et à la supervision

Éliane Leplay est recrutée en 1958 à la Mutualité sociale agricole (MSA) de l’Oise où elle restera 10 ans jusqu’à son retour à l’Ecole des Surintendantes en septembre 1968 qui la recrute comme cadre pédagogique (elle était entre-temps devenue membre du conseil d’administration de l’école).

Elle est « assistante sociale polyvalente de catégorie » dans le cadre du service social de la MSA qui s’adresse aux ressortissants de la mutuelle, à savoir principalement les ouvriers agricoles, en vue de favoriser l’évolution des conditions de vie des familles concernées : logement, équipement ménager, éducation et protection des enfants… À partir de 1963, elle devient « assistante sociale spécialisée » ; elle a en charge, l’action éducative et de prévention auprès de familles en difficulté et d’enfants en danger. Elle assure également la fonction de directrice d’une des colonies de vacances de la MSA durant un mois par an.

C’est au cours des années 60 qu’elle découvre véritablement le case-work, en suivant une des formations qui se développent alors en France. Elle effectue cette formation entre 1962 et 1966 sous la supervision de Mme Vainsot, venue des États-Unis où elle était professeure de travail social à l’Université de Détroit (Michigan) et, sur ses conseils, entame alors la formation de superviseur en travail social de l’Ecole des Surintendantes de 1966 à 1970, formation qui sera ensuite homologuée au Diplôme Supérieur en Travail Social (DSTS). Elle témoigne ainsi : « Le service social  français doit beaucoup aux enseignantes américaines venues en France et notamment à Mme Vainsot, Miss Goldschmith et Eytha BadchenSilver, etc et aux françaises parties se former aux USA. La supervision s’est avérée être une méthode pédagogique particulièrement bien adaptée et la formation des superviseurs continue toujours à être dispensée à L’ETSUP ».

Entre-temps, en 1965, Éliane Leplay devient présidente du comité départemental de l’Oise de l’ANAS, Association Nationale des Assistant(e)s de Service social.

Elle joue un rôle actif dans la mobilisation des salariés de la MSA au cours de la grève générale de mai-juin 1968, saisissant ce mouvement pour faire aboutir la revendication ancienne d’une convention collective pour le Service Social Rural qui faisait l’objet de discussions stériles entre la CFTC, devenue entre-temps CFDT, et la direction nationale de la MSA. Éliane Leplay a en effet gardé de son adolescence ses capacités d’entraînement pour une cause ou un projet, qu’elle va tout particulièrement mobiliser dans la seconde étape de sa carrière, au sein de l’école des Surintendantes où elle va contribuer de façon majeure à la transformation de l’école.

Un engagement fort au service de la mutation de l’école des Surintendantes d’usines et des services sociaux et plus largement du dispositif de formation national

Le mouvement de mai-juin 1968 au cours duquel les écoles sociales se sont mobilisées activement a eu notamment pour effet une réforme des études d’assistante sociale dont la mesure emblématique a été la suppression de la première année d’études infirmières. Éliane Leplay se voit confier, dès son recrutement au 1er septembre 1968, la conception et la mise en place, en deux semaines, d’une nouvelle première année de formation entièrement centrée sur le métier d’assistante de service social. Elle introduit des méthodes de« pédagogie institutionnelle » mais surtout elle a recours à des groupes pluridisciplinaires d’analyse des pratiques professionnelles qui sera retenu notamment dans la réforme du diplôme en 1980 et deviendra l’enseignement intitulé« Théorie et pratique de l’intervention en travail social ».

À partir de 1971, elle se voit confier la responsabilité des « formations permanentes et supérieures en travail social » de l’école, qu’elle va assurer jusqu’en 1976, date à laquelle elle est nommée directrice générale de l’école. Cette période 71- 81 est sans doute celle où elle a le plus contribué à la mutation du dispositif de formation des travailleurs sociaux au niveau national. La loi de juillet 1971 organisant la formation continue dans le cadre de l’éducation permanente est mise à profit pour développer une offre de formation importante au case-work, au group work, à la supervision, au travail social communautaire, à la formation des cadres, à la formation des surintendantes spécialisées en « service social du travail ». Sans oublier l’initiation à la recherche psychosociale qui va prendre une importance stratégique au sein de plusieurs écoles de travail social.

En parallèle à ce développement, Éliane Leplay va engager une dynamique de coopération avec l’université en vue de rendre possible la reconnaissance universitaire des diplômes du travail social. C’est en effet au cours de cette période, dans la foulée de la création du DUT « carrières sociales » en IUT, que l’Université va commencer à développer des formations supérieures diplômantes, ouvertes aux questions sociales. En lien étroit avec Jeanine Thomas, directrice-adjointe de l’école, Éliane Leplay participe à l’élaboration, dès 1971 avec l’université Paris 7, d’une convention de coopération autour d’un cursus intégré de formation permettant aux étudiants d’obtenir en même temps le Diplôme d’Etat d’Assistant de Service Social (DEASS)et la licence de « psychologie clinique ». Ce fut alors une première au niveau national.

Mais la loi de 1971 relative à la formation continue a eu également pour effet d’amener un certain nombre d’universités à ouvrir des formations diplômantes de cadre ciblant ouvertement le travail social. Le comité d’entente des écoles de service social se déclare alors ouvert à y recourir en vue de former notamment des futurs cadres pédagogiques des écoles sociales. Ce fut le point de départ d’une nouvelle mobilisation professionnelle, mais aussi militante, d’Éliane Leplay en vue de faire aboutir la reconnaissance d’un diplôme spécifique de cadres du social préparé dans les écoles sociales. Le comité d’entente des écoles de service social ne se considérant pas concerné par cette question qui portait sur les formations supérieures, Éliane Leplay, en accord avec la direction de son école, a réussi à entraîner le collectif des enseignantes des méthodes de service social, qui a décidé in fine de créer un comité spécifique de liaison des écoles de service social ayant des formations supérieures et continues : e Comité de Liaison des Centres de formation permanente et supérieure en travail social. Elle en sera  présidente de 1978 à 1987.

Éliane Leplay y a alors joué un rôle déterminant à la fois sur le plan politico-stratégique et sur le plan technique, l’objectif étant d’obtenir du ministère des affaires sociales la création d’un diplôme professionnel supérieur du travail social reconnu par l’Etat et préparé dans les écoles sociales. Elle a notamment conduit une étude sur l’état des lieux des formations permanentes et supérieures dans les écoles sociales qui a alimenté le travail de construction d’un projet de diplôme supérieur. Elle a également participé activement à la négociation avec la Direction de l’Action Sociale de ce diplôme qui a été finalement créé en 1978 et reconnu au niveau maîtrise : le Diplôme Supérieur en Travail Social. Certaines formations continues supérieures, comme celle de superviseur en travail social, ont été alors reconnues en obtenant l’homologation de ce diplôme au DSTS.

Cette action militante a été soutenue et nourrie par les principales formatrices de l’école notamment : Ginette Bourgeron, Marie Françoise Boudot, Jeanine Gilquin, mais aussi par des universitaires que Éliane Leplay a entraînés  dans cette dynamique et qui contribuaient au dispositif de formation de l’École des surintendantes : en particulier Jacky Beillerot, alors chargé de cours en formation des adultes à l’Université de Nanterre qui intervenait depuis 1971 dans la formation des superviseurs ; mais aussi Gilbert Mury, professeur de sociologie et de  philosophie qui a développé, dès les années 60 à l’Ecole des surintendantes, un enseignement de « recherche psychologique et sociale » ouvert aux salariés dans le cadre de la formation continue ; enfin Hervé Drouard, chargé de l‘enseignement de la sociologie.

Devenue entre-temps en 1976, Directrice de l’Ecole des surintendantes, E. Leplay « tenace et conciliante », selon son ancienne directrice, s’est engagée activement aussi dans la réforme du DEASS de 1980, élue par les autres écoles, pour prendre la tête du mouvement avec Jeanine GROSJEAN, nouvelle présidente du comité d’entente des écoles de service social. Elle dit de cette période : « Le combat fut rude pour maintenir l’importance des enseignements théoriques à l’école et pour obtenir un mémoire d’initiation à la recherche comme l’une des épreuves du DEASS, ceci en vue d’obtenir la reconnaissance du DEASS comme Licence ».

Dans le même temps, elle a développé une dizaine de conventions de partenariat avec l’Université de Nanterre en vue du double cursus DEASS-Licence sciences de l’éducation, en vue des formations supérieures de superviseur et de ce qui a été appelé à l’époque une « Approche globale et méthodes de service social »car « il s’agissait d’avoir une approche pluridisciplinaire et pluri méthodes à un moment où il y avait des velléités d’opposer les approches individuelles, de groupe, et de travail communautaire ».Eliane rajoute à propos de l’Ecole des Surintendantes : « Se sont développées aussi très vite les « interventions sur le terrain», à la demande des professionnels et/ ou des établissements et services : interventions pour aider à résoudre des problèmes spécifiques, des conflits et/ou des besoins de formation considérés comme spécifiques. La méthodologie de projet a été enseignée également à l’école et sur le terrain ».

Les années 1980 sont aussi celles du développement des coopérations européennes, grâce aux nombreux programmes de financements pour des échanges d’étudiants durant des mois de stages à l’étranger. L’Ecole des surintendantes adhère alors à un réseau européen, rassemblant plus de vingt pays et dont le siège est à la Haute École de Travail Social de Maastricht.

Dès 1982, Éliane Leplay met en place un centre de recherche au sein de l’Ecole des Surintendantes d’usines et des services sociaux, qui se dénomme le CREAS (Centre de Recherche et d’Etudes en Action Sociale) avec Claude Rouyer puis Patrick Dubéchot.

Dans cette période aussi, Éliane Leplay trouve, par ses relations professionnelles, des locaux plus vastes et bien situés, indispensables au développement de l’école et recherchés depuis plusieurs années. Elle conduit leur achat avec le Conseil d’administration de l’Association gestionnaire de l’Ecole. L’Ecole s’installe en 1984 dans les locaux actuels de l’ETSUP au 8 Villa du Parc Montsouris dans le 14° arrondissement de Paris. Eliane Leplay rappelle à ce sujet : « L’Ecole s’est vu confisquer ses propres locaux par la Gestapo durant la guerre, pour avoir hébergé le réseau de résistance « Combat ». La directrice de l’école, Jeanne Sivadon en était membre ainsi que Berty Albrecht, surintendante. Elles furent arrêtées et emprisonnées. Seule Jeanne Sivadon est revenue vivante ».

C’est également le démarrage de l’implication de l’école dans la préparation du CAFDES (Certificat d’Aptitude aux Fonctions de Directeur d’Etablissement Social) en coopération avec l’INFAC, l’Ecole des surintendantes développant alors de nombreuses collaborations avec diverses écoles sociales.

L’année 1990 constitue une date clé pour l’école qui résume à elle seule le combat d’E. Leplay à propos de la formation : sous son initiative, l’Assemblée générale de l’association adopte le changement de nom que l’école avait conservé depuis sa création en 1917, s’appelant désormais École supérieure de travail social (ETSUP). Combiner le caractère professionnel et le niveau supérieur de la formation, « sans les opposer », dit-elle, en référence aux grades universitaires, tel est en effet le fil rouge de l’engagement militant d’Éliane Leplay depuis son arrivée à l’école en 1968.

Éliane Leplay quitte la direction de l’ETSUP en 1996 pour faire valoir ses droits à la retraite, poursuivant alors son engagement de façon prioritaire dans le champ de la recherche en travail social.

Un engagement militant en faveur du développement et de la reconnaissance de la recherche en travail social

A partir de la fin des années 90, Eliane Leplay s’engage de façon principale en faveur de la recherche en travail social, d’abord dans l’apprentissage de la recherche, et ensuite à travers un engagement associatif en faveur de la reconnaissance de la recherche et de son organisation dans les écoles.

En 1998, elle obtient le DEA en Formation des adultes au CNAM où, selon ses propos, elle « découvre la « Didactique professionnelle » et un cadre scientifique qui va m’accompagner dans un travail de recherche sur les « savoirs professionnels ». C’est l’objet d’une thèse en sciences de l’éducation qu’elle entreprend sous la direction de J-M Barbier (CNAM). Elle dit encore : « Je découvre avec stupeur, en début de thèse, qu’il n’existe aucune définition du « savoir professionnel » ni au CNAM, ni en France ni à l’étranger. Je suis alors obligée d’en produire une puisque c’est l’objet de ma recherche et je montre ensuite qu’il est possible de trouver des énoncés de formateurs correspondant à cette définition ».Thèse qu’elle soutient en 2009 : « La formalisation et la validation des savoirs professionnels, expression d’une culture professionnelle, l’exemple du travail social ». La thèse est validée avec « mention très honorable ».Françoise Cros, membre du jury, écrit dans son rapport que « cette thèse fera date ».Le président du jury, Pierre Pastré, fondateur de la « didactique professionnelle », clôt la séance de soutenance en disant : « Les savoirs professionnels existent, il faut les formaliser ». Ce qui conduit Eliane Leplay à déclarer : « Un combat à venir de plusieurs décennies pour les établissements de formation en travail social !!! ».

Son départ à la retraite en 1996 n’a pas sonné l’heure d’arrêt de son investissement institutionnel qu’elle consacre alors entièrement à la recherche. E. Leplay conserve pendant un temps un bureau à l’ETSUP où elle reste chargée de la recherche et des relations internationales. C’est ainsi qu’elle monte le dossier d’un projet de recherche sur les doctorats européens qui sera réalisé par Françoise Laot, embauchée à cet effet par l’ETSUP, et qui débouchera en 1998 sur un colloque organisé par la Direction de l’Action sociale et surtout sur la création du CERTS (Centre Européen de la Recherche en Travail Social) qui poursuit encore son activité principalement sous la forme de colloques. Les deux premiers séminaires du CERTS sur « l’épistémologie de la recherche en travail social » ont lieu en mars et en décembre 2000 à l’ETSUP Paris.

  1. Leplay a, en réalité bien avant son départ de l’ETSUP, dès les années 80 (entre 1983 et 1987), initié, en tant que présidente du Comité de Liaison des centres de formation permanentes et supérieures, une série de trois colloques sur la recherche en travail social débouchant en 1989 sur un livre manifeste « La recherche en travail social » aux éditions Centurion. La revue FORUM qui était l’organe du Comité de liaison des formations supérieures et continues, est devenue la même année la revue de la recherche en travail social sous la responsabilité d’Hervé Drouard, rédacteur en chef. En 1993, ce dernier plaide pour la création d’une chaire et d’un doctorat en travail social appelés à constituer la clé de voûte du système des formations sociales et qui permettraient de structurer la recherche avec des laboratoires reconnus au sein des écoles sociales. Ce qui le conduit à créer l’AFFUTS (Association Française pour des Formations Universitaires en Travail Social niveau 1) au sein de laquelle E. Leplay, après son DEA en 1998 et sa retraite, va s’engager très activement en faveur de l’obtention d’un doctorat et plus largement du développement et de la reconnaissance de la recherche en travail social. C’est elle qui représente l’Affuts en 2012-2013 lors de la Conférence de Consensus « la recherche en/dans/sur/ le travail social » organisée par le CnAM (Chaire de travail social) avec le soutien du ministère des affaires sociales. Son intervention est publiée dans l’ouvrage de Marcel Jaeger qui rend compte de cette conférence.

Elle est d’ailleurs vice-présidente de l’Affuts depuis 2010 et directrice de publication de la revue FORUM depuis 2014.

Elle milite toujours activement en vue de structurer un réseau des chercheur.e.s en Travail Social. En relation avec cette activité de développement de la recherche, Eliane Leplay a favorisé la publication des travaux de recherche en travail social en devenant directrice de collection « Travail social », d’abord chez Bayard éditions à partir de 1987 avec Henri Pascal et Cristina de Robertis en vue de « diffuser les savoirs professionnels du travail social », puis aux Editions de l’EHESP  (Ecole des Hautes Etudes de Santé Publique) à partir de 1996 qui éditera notamment le livre de l’Affuts en 2014 « Quels modèles de recherche scientifique  en travail social ?».

Éliane Leplay a été membre du Conseil Supérieur du Travail Social dans les années 1980 et décorée de l’Ordre National du Mérite en 1987.

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SOURCES :

** Documents communiqués par Eliane Leplay

** Entretiens de P. Lechaux avec Eliane Leplay, automne 2018

Merci à Eliane Leplay pour avoir accepté cette biographie de son vivant et son concours à cette notice qui n’engage que son auteur.

Patrick Lechaux