Né le 4 février 1875 à Paris (4ème), décédé le 26 décembre 1956 à Paris (14ème) ; prêtre, fondateur de nombreuses associations non confessionnelles regroupées sous la dénominations « Œuvres du Moulin Vert » orientées vers le soutien aux familles pauvres, selon un modèle participatif. Il a milité auprès des pouvoirs publics pour faire reconnaître les droits des pauvres, et l’amélioration de leurs conditions de vie. Il a créé, ou contribué à la création d’écoles de service social.

Naissance et origines sociales

Marie Jean Urbain Viollet naît dans une famille de modestes bourgeois en 1875 de Cornélie (née Boudot), et de Paul Viollet (1840-914). Cornélie, orpheline de mère, est originaire du Limousin. Son père était commerçant et fabricant de tissu.

Paul Viollet est lui originaire de la Touraine. Historien catholique, il est le bibliothécaire de la Faculté de droit de Paris et professeur d’histoire de droit civil et canonique à l’École des chartes. Plutôt de tradition légitimiste, il est aussi dreyfusard ce qui influencera peut-être les positions adoptées par Jean Viollet. Paul Viollet et Cornélie Boudot se marient en juillet 1870. Ils s’installent à Paris, île Saint Louis, où naîtront leurs quatre premiers enfants. Jean Viollet est le troisième enfant de la fratrie. Le couple aura cinq enfants, quatre garçons et une fille.

Études

Jean est un élève médiocre. D’abord inscrit à l’école des frères de la doctrine chrétienne de l’école de Francs-Bourgeois à Paris, il poursuit ses études au lycée Charlemagne où il obtient son baccalauréat (vers 1893).

Enfance, et orientation religieuse

Les Viollet ne sont pas de fervents catholiques, seule Cornélie pratique plus ou moins régulièrement. Durant son adolescence rien dans la conduite de J. Viollet n’indique une vocation sacerdotale. « Je crois me souvenir qu’à l’époque de ma première communion j’ai trouvé un vague désir d’être prêtre et de me consacrer à l’apostolat. Mais ce désir ne durera pas longtemps. Sans me livrer à proprement parler à l’inconduite je passais mes années d’adolescence dans une totale indifférence religieuse ou au moins dans des dispositions telles que ma famille ne pouvait soupçonner que je ne demanderai un jour à entrer au séminaire » (J. Viollet). C’est surtout le caractère de Jean qui préoccupe ses parents. C’est un enfant remuant décrit comme batailleur et indomptable. « Ma mère et mon père se demandaient souvent ce qu’il adviendrait de l’avenir d’un enfant d’un tempérament aussi impétueux et aussi insubordonné » (J. Viollet).

Le devoir d’être prêtre s’impose à J. Viollet quand il perçoit l’inanité de ses activités. A l’issue du baccalauréat il demande à entrer au séminaire. Ce projet devra être différé car son père souhaite que Jean attende sa majorité, et prenne ainsi le temps de la réflexion.

Pendant quelques mois J. Viollet est aide comptable dans une maison de tissus à Paris. Puis il séjourne en Autriche, y apprend la langue, et s’initie aux études théologiques par la lecture d’ouvrages catholiques allemands trouvés à la bibliothèque de l’université d’Innsbruck. De retour à Paris en 1895, Jean s’inscrit au séminaire Saint Sulpice d’Issy Les Moulinaux. Il a 20 ans.

Avant d’en arriver aux œuvres créées par Jean Viollet, il convient de s’arrêter sur quelques moments de son parcours d’homme et de prêtre éclairants quant à sa personnalité.

Ordination, vicariat, et affectations

A la fin du séminaire, les positions politiques de J. Viollet en faveur du soldat Dreyfus contraires à celles de l’église font obstacle à son ordination. Il sera ordonné prêtre en 1901 à l’âge de 26 ans, quelques mois après ses camarades, et au titre de son patrimoine, ce qui signifie qu’il devra subvenir à ses besoins sans traitement du diocèse. Il fait alors ses débuts comme vicaire à la chapelle du Rosaire dans le quartier populaire de Plaisance, dans le 14ème arrondissement de Paris auprès de l’abbé Boyreau. J. Viollet se préoccupe très tôt de la question des familles nombreuses et pauvres. Tout au long de sa vie il va agir avec détermination pour l’amélioration de leurs conditions de vie. Dès cette époque il crée les premières associations caritatives. Les œuvres ne sont pas toutes confessionnelles ce qui sera source de tensions avec ses supérieurs. En décembre 1905 il est sommé de quitter la chapelle du Rosaire en raison de relations houleuses avec l’abbé E. Boyreau qui lui conteste son autonomie et ses velléités d’indépendance. D’une part il fonde ses propres œuvres au détriment d’une implication dans les œuvres existant dans la paroisse qui l’accueille. D’autre part il ne s’est pas installé au presbytère, mais dans un phalanstère de la villa Deshayes « oasis de jeunes intellectuels déclassés » et de catholiques convaincus. Bien qu’il plaide son rôle en tant que prêtre au sein de ses œuvres il est mis à l’écart par sa hiérarchie et nommé vicaire catéchiste à la paroisse St Augustin dans le 8ème arrondissement de Paris. De ce mode de vie l’abbé Viollet sort convaincu qu’il faut déborder de la paroisse pour mener l’action sociale catholique, associer étroitement les laïcs, voire les autres confessions, et ne pas s’en tenir au territoire étriqué de la paroisse. En 1906, il assure la fonction d’aumônier à la paroisse de Saint-Pierre de Montrouge avant d’être détaché la même année à Notre-Dame du travail. Là, sans charge précise, il se consacre à la fondation de ses œuvres familiales et sociales qui porteront toutes le nom d’ « Œuvre du Moulin vert » en raison de son installation rue du Moulin-Vert, sur un terrain démuni dans le quartier Plaisance à Paris.

Le temps passant , les œuvres du moulin vert se multiplient, fédérées autour d’une maison sociale.

En 1928 la paroisse Notre-Dame de Nazaré est constituée et son administration est proposée à J. Viollet. Il pose alors des conditions à sa nomination comme administrateur : il veut «appliquer dans cette nouvelle paroisse les méthodes d’apostolat que j’avais toujours préconisé » (J. Viollet) et que se refonde une maison sociale sans caractère confessionnel dans cette paroisse. Cette position ardemment défendue le conduira à s’en expliquer à plusieurs reprises devant sa hiérarchie.

Autres litiges avec la hiérarchie

Des différends émergent régulièrement avec les supérieurs de Jean Viollet. En 1905, Pie X édicte l’encyclique de formo-proposito qui condamne la création d’œuvres non confessionnelles fondées par des catholiques. Il rédige une série de lettres condamnant le principe de neutralité dans les œuvres dirigées par les catholiques. La loi sur la séparation de l’église et de l’État entraîne un durcissement des positions de l’église. Or J. Viollet est partisan de la séparation de l’église et de l’État. Il est sommé justifier le vocable « d’œuvres neutres » dont il se revendique et ses objectifs dans la création des œuvres non confessionnelles.

Suite à un désaccord avec l’abbé Soulange Bodin (fondateur de l’église Notre-Dame-du-Travail) sur la façon de développer les œuvres qui doivent être catholiques et paroissiales selon cet abbé, J. Viollet est convoqué par l’archevêque de Partis et le cardinal Amette. Il plaide l’utilité de ses œuvres mais aussi la création de quelques œuvres confessionnelles ce qui lui vaut sans doute de continuer à se dévouer aux œuvres du Moulin Vert.

Les conférences publiques et contradictoires

Les engagements ecclésiastiques de J. Viollet le conduisent à partir de 1903 à se rendre aux conférences publiques contradictoires organisées au café des Mille Colonnes par le groupe socialiste du 14e arrondissement de Paris. Il y défend la religion catholique, face à des socialistes, communistes et libres penseurs anticléricaux, façon pour lui de propager la foi. Il est invité pour des débats sur les questions de morale et en particulier sur la morale sexuelle. Ces interventions montrent son ouverture d’esprit. Mais sa participation aux conférences n’est guère appréciée de l’abbé Soulange Bodin qui le rappelle à l’ordre dès 1904. Mais J. Viollet continuera à participer à de très nombreuses conférences en 1905 puis de façon plus sporadique jusque dans les années 30.

La période du service militaire

J. Violet effectue son service militaire au 117ème régiment d’infanterie au Mans puis il est mobilisé en 1914. Réquisitionné, il ne se détourne pas de son apostolat auprès des soldats. Aumônier au 21ème corps d’armée, il cherche à vivre avec eux pour partager leurs peines, leurs angoisses, leurs travaux. Leurs échanges abordent de nombreux thèmes qui pour certains auraient pu dérouter ces hommes comme les questions de sexualité, ou encore l’amour.

Quelques mois plus tard il lui est proposé de se rendre à l’hôpital de Maison Blanche en Seine-et-Loire avec la mission d’occuper les mutilés qui, guéris de leurs blessures, y attendent pendant de longs mois un appareil de prothèse. Il sont isolés de leur famille, désargentés, et les soins orthopédiques coûtent chers (ils seront financés par la suite par «  l’union des colonies étrangères en France »). J. Viollet propose aux mutilés de confectionner des objets destinés à être vendus. Munis d’un simple couteau les soldats créent des jouets en bois, des vanneries, tandis que d’autres réalisent des dessins. Les expositions-ventes permettent de collecter des fonds pour l’achat de prothèses. Une école de rééducation sera également créée.

Le Moulin Vert

L’œuvre du Moulin Vert est faite d’une constellation d’associations, chacune placée sur le terrain qui lui est propre (religieux, ou de la société civil). J. Viollet souhaite répondre aux différents besoins des familles ouvrières, leur donner le sens de la solidarité commune, avec la création d’œuvres de protection, de prévoyance et de solidarité. Il se défend de donner l’aumône qu’il considère comme un pis aller. Les œuvres développent des actions de type mutualiste comme des magasins coopératifs, économat populaire, caisse de prêt gratuit ou encore service d’achat en commun. Structure autogérée, le paiement d’une cotisation est obligatoire, et tous les membres bénéficient des mêmes avantages et des mêmes droits. L’œuvre s’adresse à l’ensemble des familles du quartier pour qu’elles développent entre elles une entraide sur un principe de neutralité. Les sociétaires se doivent de respecter les convictions intimes de tous ses membres, opinion politique, ou sociale, conviction philosophique ou croyances religieuses. Les associations sont autonomes juridiquement les unes des autres et obtiennent au fil du temps et des événements la reconnaissance d’utilité publique (Gardet). Les directions et les principaux postes d’administrateurs sont occupés par des personnalités civiles et laïques. Dans les conseils d’administration J. Viollet se garde d’occuper des postes clés. Il y agit avec discrétion comme simple conseiller. tout en étant omniprésent comme membre des différents bureaux.

Le Moulin Vert développe des actions d’assistance assez classiques que l’on trouve dans nombre d’œuvres de bienfaisance, mais aussi un panel d’activités plus innovantes (soirées familiales ou artistiques, conférences, bibliothèque de prêt gratuit, cours professionnels de couture, ou d’agrément, enseignements ménagers, jardin d’enfants, mutualité maternelle, caisse maladie, service de placement, colonie de vacances, banquets, service de garde-meuble et de dons de mobilier vestiaire service d’assistance par le travail pour les femmes, travaux de couture à domicile, prêt de machine à coudre, jardin d’enfant…). Les activités sont regroupées au sein d’une maison sociale ouverte sur la cité. Un médecin y assure une consultation hebdomadaire et une infirmière est présente pour une aide morale et matérielle. On y trouve aussi des visiteuses issues de bonnes familles qui dirigent et pilotent les sections et parmi elles Marie-Jeanne Bassot, et Apolline de Gourlet. Certaines résident dans le quartier, au plus près de la population.

J. Viollet ne renonce pas à un projet d’évangélisation : « Les catholiques dûment formés aux méthodes d’apostolat auraient pour mission principale de se dévouer dans les différentes œuvres sociales groupées dans la Maison Sociale et contribueraient de cette manière à faire tomber les préjugés qui entourent l’action des catholiques dans l’esprit des non-croyants (…) » (Gardet).

Le logement ouvrier

A la fin du 19ème siècle, la question du logement liée au phénomène de l’industrialisation anime le débat social et fait partie des objectifs des premières œuvres du Moulin Vert. Les villes se développent, et le logement est au cœur des priorités économiques et politiques. Mais les programmes de constructions sont balbutiants et les investissements insuffisants. J. Viollet va participer à la fondation de plusieurs sociétés immobilières dites d’habitation à bon marché.

Il fonde l’association ouvrière familiale en septembre 1902, et la Société du logement ouvrier en juillet 1905. Alors qu’il lance sa société de logements ouvriers Léonie Chaptal a déjà développé une « société anonyme de logements de Plaisance ». En 1912 est crée la société anonyme immobilière d’habitation familiale du Moulin Vert dénommée « L’Habitation familiale », préfiguration des actuelles HLM.J. Viollet veut agir sur l’amélioration des logements ouvriers, lutter contre la promiscuité malsaine des meublés et des garnis avec leur cortège de paupérisation et d’endettement. Son objectif est de « fixer les familles nomades et de leur donner le goût du logis ». C’est ainsi qu’à partir de 1907 il envisage la construction de logements édifiés si possible dans les quartiers ouvriers à proximité de l’usine ou du chantier. Le pivot de l’activité de la société des logements repose sur la caisse des loyers, créée pour faire face aux expulsions pour retard de paiement par la régularisation des loyers. Cette mutualisation s’appuie sur l’analyse de l’épargne et du budget (méthode inspirée de F. Leplay). Des secours sont également attribués en cas de maladie ou chômage. Pour enseigner la prévoyance aux familles ouvrières il développe un réseau de visiteurs dotés d’un bon outillage social qui mènent des enquêtes auprès des familles. La bonne tenue morale des habitants est contrôlée, l’éducation à la propreté et l’embellissement du foyer encouragés, le choix des locataires étudié. La société du logement s’étend progressivement à tous les arrondissements et compte 48 visiteurs.

La difficulté est d’obtenir des terrains à moindre coût. Un immeuble de 100 logements est construit au 92 rue du Moulin Vert dont le rez de chaussée est réservé aux bureaux pour la gestion des œuvres. Mais c’est une forme de « géthoisation » des familles ainsi regroupées. Des critiques sont portées à l’habitat collectif. Naît alors le projet  de pavillons avec jardin en banlieue, concrétisé par la création d’une autre société immobilière du Moulin Vert. La cité jardin de Vitry-sur-Seine est achevée en 1933. Élite ouvrière, petits artisans et employés occupent ces logements.

Entre œuvre de bienfaisance et placement de capitaux privés le fonctionnement des sociétés repose sur des actionnaires. La location des logement maintient les actionnaires propriétaires, qui exercent un droit de contrôle sur les locataires. Par l’articulation subtile entre son association d’amélioration du logement ouvrier et l’action de deux sociétés immobilières J. Viollet propose une solution originale à la question du logement social.

Bien qu’il se défende de tout prosélytisme dans l’enceinte de la cité J. violet fait construire une chapelle aux abords de la cité jardin. Il y transfère son association du mariage chrétien et l’Union Saint-Pierre Saint-Paul qui contribue à la formation d’apôtres chargés de diffuser la doctrine chrétienne.

La confédération générale des familles

À partir de 1925 L’abbé Violet s’impose comme partenaire incontournable du mouvement familial en organisant une Confédération générale des familles (CGF) qui s’appuie sur ses œuvres. Il devient un des artisans des négociations en vue de créer un front commun pour obtenir des pouvoirs publics la reconnaissance des droits de la famille, politiques économiques, sociaux et moraux. La CGF obtient la reconnaissance d’utilité publique en juin 1928 (Gardet). J. viollet s’inscrit parmi les grands défenseurs des unions d’œuvres ou les fédérations des mouvements familiaux.

En juin 1941 J. Viollet est convié par le gouvernement au comité consultatif de la famille en raison de ses travaux et de ses compétences. La commission doit élaborer le statut des associations familiales.

Les œuvres de plein air, et « Le retour à la santé »

J. Viollet s’inscrit également dans la lutte contre la tuberculose. A la diffusion de mesures prophylactiques se mêlent des mesures éducatives et sociales. C’est ainsi que sont crées des maisons de repos, deux préventoriums, et des colonies de vacances dont l’une reçoit des familles entières. Le premier établissement de l’oeuvre « Le retour à la santé » est créé en janvier 1911 à Tumiac (en Loire Inférieure qui deviendra Loire Atlantique). C’est un préventorium dont le but est d’accueillir des jeunes garçons de 5 à 12 ans, sans distinction de culte, sans famille ou appartenant à des familles pauvres, pour fortifier leur complexion physique par un séjour à la mer. Un second établissement ouvrira à Suscinio, dans le Morbihan. Pendant la guerre ces deux établissements s’associent pour mener des activités en faveur des populations évacuées ou victimes de la guerre. Enfants et adultes y sont accueillis.

À la fin des années 1920 les œuvres de plein air du Moulin Vert sont une véritable mosaïque d’établissements gérés par 6 associations indépendantes, pour lesquelles J. Violet obtient du gouvernement des reconnaissances d’utilité publique. Les établissements qui comprennent préventorium, aérium, colonies de vacances, maison de repos, fonctionnent sur le modèle de la philanthropie. Par la suite, les œuvres vont bénéficier des subventions du ministère de la santé suite à la loi de 1933 sur les agréments sanitaires.

Les écoles fondées par J. Viollet ou en collaboration 

Jean Viollet est sensible à la professionnalisation des travailleuses sociales. Il va ainsi fonder, ou contribuer à la fondation de plusieurs écoles.

– 1908 : école libre d’assistance privée installée au 88 rue du Moulin Vert.

– 1912 : école pratique d’action sociale et charitable.

– 1919 : Avec le concours de l’abbé Viollet, A. de Gourlet et Marie Diémer créent en 1919 l’une des premières écoles de travail social, « Pro Gallia », qui deviendra en 1929 l’École d’action sociale de Levallois-Perret (qui fermera en 1957).

– 1926 : école sociale d’action familiale rue du Moulin Vert.

Le petit guide du travailleur social, écrit en 1931 par J. Viollet est destiné à la formation des visiteuses et visiteurs bénévoles pour les aider à accomplir leurs tâches. J. Viollet y développe sa conception de l’enquête sociale, base de tout travail social sérieux selon l’auteur, dont le but vise à « attribuer le minimum de secours en sollicitant des familles, le maximum d’effort ».

Pour conclure

Le parcours biographique de Jean Viollet révèle un homme d’église à l’itinéraire original, fait d’une succession de prises de fonctions, de créations d’œuvres aux visées nettement sociales, et de batailles diplomatiques, se heurtant souvent aux positions de l’église. Si son caractère fort et indépendant n’a pas toujours fait l’unanimité, on ne peut que saluer sa ténacité et sa force de travail.

Sans être un précurseur l’abbé Viollet est un homme au prise avec son temps maître de ses réseaux qui s’est inscrit avec force dans le débat social de son époque composant avec les différents courants et modèles (Gardet). L’association du Moulin Vert est toujours florissante aujourd’hui, elle a su s’adapter aux nouvelles réalités du secteur social tout en poursuivant la même politique d’unité dans la diversité. Elle offre un panel d’établissements et d’actions de plus en plus large.

Jean Viollet est resté très discret sur ses activités de résistance et son action en faveur du sauvetage des juifs. Il a été nommé « juste parmi les nations » en juillet 1992 (Gardet).

Liste non exhaustive des œuvres du Moulin vert

– Le cercle des hommes du rosaire, réunion de parents d’enfants du patronage, pour apporter une aide sociale efficace aux habitants de Plaisance.

– L’association ouvrière familiale du Moulin Vert fondée en septembre 1902, « destinée à assurer le relèvement des familles misérables par l’organisation du foyer ».

– La « société du logement ouvrier » créée le le 15 juillet 1902.

– La Société anonyme d’habitation à bon marché dite « L’habitation familiale » créée en 1912.

– La Ligue populaire des pères et mères de famille nombreuses comprenant au moins 3 enfants fondée sous l’égide du capitaine Simon Maire le 1er août 1908.

– La troupe d’éclaireurs du Moulin Vert fondée en 1912.

– L’Association catholique pour le service de l’Église et de la société créé en 1912. Elle prendra le nom d’Union Saint-Pierre Saint-Paul en 1915. Son règlement est autorisé par l’archevêque de Paris Léon Hamet en janvier 1918.

– L’association du mariage chrétien créée en 1918, groupe confessionnel pour la défense du mariage, fondée en 1918 avec l’approbation de l’évêque de Paris, pour enseigner aux couples la pudeur avant le mariage, la fidélité dans le mariage, la fécondité afin de redonner des enfants à la patrie saignée par la guerre. « […] le fossé qui sépare du prêtre la masse du peuple se trouve en grande partie comblée du fait qu’il constate que notre expérience psychologique dépasse généralement la leur et que notre célibat ne nous gêne en rien pour comprendre les problèmes qui se posent autour du mariage et des rapports de l’homme et de la femme » (J. Viollet).

– La Fondation « Ulysse Isabelle » (préventorium) reconnue d’utilité en mars 1922.

– La Confédération générale des familles créée en février 1925.

Dany Bocquet, octobre 2025

Bibliographie

Jean Viollet fait l’objet d’une importante bibliographie, dont voici un extrait :

– Deroy Henti,  Les œuvres du Moulin Vert, de l’assistance éducative à l’organisation familiales, Thèse de droit, Paris, 1926. (cf revue l’assistance éducative n°242, janv 1927 pp 19-20).

– Gardet Mathias, Jean Viollet et l’apostolat laïc, les œuvres du Moulin Vert (1902-1956), Beauchesne éditeur, Paris 2005.

– Robert Jean-Louis , Plaisance près Montparnasse, quartier parisien 1840-1985, Éditions de la Sorbonne, Paris, 2012.

– Sevegrand Martine, L’amour en toutes lettres : Questions à l’abbé Viollet sur la sexualité (1924-1943), Paris, Albin Michel,  « Bibliothèque Albin Michel histoire », ( 2016).