Franceline Bloch adhère jeune aux Eclaireurs Israélites et travaille jusqu’en 1940 au service d’orientation professionnelle de la Caisse d’allocations familiales de la région parisienne. Dés 1940 et dans toute la période de la guerre elle participe activement au sauvetage des familles et enfants juifs, menacés de déportation. A la fin de la guerre elle s’occupe, en Allemagne, pour l’UJNRRA des personnes déplacées. De 1948 à 1950 elle est aux États Unis pour y passer un « Master of social work ». A son retour elle travaille au Service social des jeunes puis au CASIP.

Famille, naissance, scoutisme, études

Franceline Jeanne appelée tante Line par ses neveux et nièces est née à la Chaux-de-Fonds (Suisse) en 1919. Ne voulant pas devenir allemands, ses grands-parents paternels et maternels ont quitté l’Alsace en 1870. Franceline appartenait à une famille d’Israélites français très patriotes. Son père, Jules, naquit à Besançon en 1877, et sa mère, Sara, à Belfort en 1890. Ils se marièrent à Belfort en 1911. Son grand-père paternel était fabricant de montres à Besançon. Jules, son fils, partit en Suisse avec son frère Louis, à la Chaux-de Fonds, pour fabriquer également des montres. Mobilisé en 1914, il dut, après la guerre, liquider son affaire en Suisse, d’autant que son frère Louis, engagé volontaire, fut tué le 1er octobre 1914. Jules revint en France. Entre temps, en 1919, Franceline était née. Elle avait une sœur, Violette, née en 1913. Toutes les deux, nées à La Chaux-de-Fonds, en Suisse, étaient de nationalité française.

Après la guerre, Jules s’associa à un cousin homme d’affaires, la famille s’installa à Paris en 1922, dans le 16ème arrondissement. Franceline fit ses études primaires à l’école communale, puis elle poursuivit ses études secondaires au lycée Molière, rue du Ranelagh. Au lycée, beaucoup de ses condisciples venaient de familles plus aisées que la sienne, son immeuble était également occupé par des familles très aisées, ce qui lui donnait le sentiment d’être pauvre.

C’est à cette époque, en1929, à 10 ans, que Franceline découvre le scoutisme. Elle entre aux Eclaireurs Israélites1, dans le cadre de la Fédération Française des Eclaireuses, et franchit toutes les étapes de la formation et de la progression scoute. Elle pénètre un autre monde fait de chaleur humaine, ressent un sentiment de «Sestralité», pratique des activités différentes, plein air, travaux de groupe, a des responsabilités à assumer.

Elle rencontre des enfants de son âge qui ont une vie difficile et travaillent déjà pour des salaires modestes. Elle prend conscience de tous les privilèges dont elle bénéficie ; un peu paresseuse dans ses études, elle ressent un sentiment d’injustice pour ces filles qui n’ont pas la chance de pouvoir aller à l’école. Elle trouve dans le scoutisme la liberté et les valeurs qui ont guidé par la suite toute sa vie. L’expérience des Eclaireurs Israélites a été très marquante et très formatrice pour Franceline. Elle y a noué des amitiés profondes qui ont duré pendant des décennies. Son totem « Moulin » montre bien sa forte personnalité, à la fois un torrent de paroles, et une discrétion totale sur elle-même.

Franceline passe le bac à 17 ans, puis elle étudie le droit afin de satisfaire ses parents qui souhaitaient qu’elle soit fonctionnaire. Elle désirait en fait devenir assistante sociale ou inspectrice du travail.

Elle obtint sa licence de droit en 1939 et travailla de janvier à juin 1940 au service d’orientation professionnelle de la Caisse d’Allocations Familiales de la région parisienne, dirigé par Madame Courtial, personne remarquable et très exigeante. Elle fut obligée de quitter cet emploi en 1940 à cause du statut des Juifs. Elle suivit sa famille à Nice, en zone sud, poursuivit ses études de droit à Nice puis à Aix-en-Provence jusqu’en février 1942. Plus tard, grâce à une bourse du JOINT, elle put passer deux ans aux USA pour suivre une formation dans le domaine du service social, domaine qui la tentait depuis si longtemps.

Période de guerre, Résistance

Ses débuts dans la zone d’occupation italienne

A 21 ans, Franceline est cheftaine EI et répond, à l’appel de Robert Gamzon, Castor, qui demande aux cadres EI de s’engager dans la résistance juive de sauvetage. Elle intègre la structure légale du « Service social des jeunes » rattaché à l’UGIF, puis « la Sixième », le réseau clandestin des EIF. Son itinéraire montre la nécessité du passage progressif de la légalité à l’illégalité dans le sauvetage des Juifs, d’autant qu’à partir de septembre 1943, la zone d’occupation italienne passe sous le contrôle allemand. 18 000 Juifs, surtout étrangers, s’y étaient réfugiés depuis novembre 1942, date de l’occupation de toute la zone sud de la France par la Wehrmacht et de la création de la zone d’occupation italienne qui s’étendait sur les 10 départements des Alpes et des Alpes maritimes. L’afflux de ces réfugiés sur Nice et la côte d’Azur, conduisit les autorités italiennes à constituer, en mars 1943 des centres de résidence assignée vers la Savoie. Les villes de St-Gervais, Megève, et St-Martin-de-Vésubie furent choisies à cet effet. Il fallait s’organiser pour accueillir ces centaines de pauvres gens : 750 à Megève et 800 à St-Gervais.

Toutes les œuvres juives ont été mises à contribution. Aussi de mars à septembre 1943, Franceline Bloch travaille au Service social des jeunes2 en qualité d’assistante sociale et sous son totem de Moulin. Elle est responsable des jeunes adolescents pour qui elle s’occupe de trouver des caches. Elle travaille avec l’OSE qui avait créé un centre médicosocial avec un dispensaire, une cantine et un jardin d’enfants. Mais le travail le plus important pour les œuvres juives est de persuader les Juifs installés là de partir vers la Suisse et non vers l’Italie ou pire vers Nice. Franceline s’occupe des bif (faux papiers) pour naturaliser les jeunes étrangers, afin de déjouer les contrôles français, et /ou changer leur âge, le but étant de constituer des familles avec des enfants de moins de 6 ans susceptibles d’être acceptées en Suisse. Il faut donc organiser en premier lieu de faux mariages, trouver l’argent et convoyer les gens jusqu’aux passeurs. Début septembre le centre de Megève est vidé et fermé, tandis que les Juifs partent en camion vers Nice sous la garde des italiens. Avec l’arrivée des Allemands à Nice le travail change de forme et devient beaucoup plus dangereux. Une chasse à l’homme impitoyable commence.

C’est là que Franceline va faire ses premières armes de résistante, guidée par Henri Wahl, chef de la Sixième zone sud3. Toutes les organisations juives se retrouvent dans le local du boulevard Dubouchage, à Nice. Elle va travailler avec le Mouvement de la jeunesse sioniste45 et l’Armée juive qui avaient des liens organiques avec les EIF pour mettre à l’abri les enfants dans le cadre d’un service social de plus en plus développé. Franceline s’occupe de l’évacuation des jeunes des Alpes-Maritimes vers les régions du centre comme l’Aveyron, la Lozère, le Cantal et même le Gard et le Lot. La vie quotidienne dans la résistance juive de zone Sud est la même pour tous. Il faut sillonner les routes de France pour transporter de l’argent, chercher dans les mairies des cartes d’alimentation, faire du porte-à-porte pour cacher des Juifs.

Sauver les enfants

De septembre 1943 à septembre 1944, recrutée par le rabbin René Kapel6, puis intégrée à la Sixième, Franceline, alias Simone Ponsard, puis Françoise Bérard, fait fonction d’assistante sociale auprès d’enfants et d’adolescents. Elle les visite régulièrement, les soutient sur le plan affectif, avec le souci de sauvegarder leur identité juive. En décembre 1943, elle participe au camp EI de Florac (Lozère), organisé par Raymond Winter, responsable local EI et Roger Climaud, représentant régional, sous couvert des scouts unionistes, qui réunit 80 enfants pendant les vacances scolaires. Les enfants repartent ensuite dans leurs caches respectives. C’est là qu’elle va connaître les camarades du réseau EI avec qui elle va travailler pendant une année, la plus dangereuse de la guerre, celle où les arrestations se multiplient sous les coups de la Gestapo et de la Milice qui officient ensemble à la recherche des résistants et des maquisards.

Elle est mutée dans la région Centre-Sud (départements du Cantal et de l’Hérault), où elle continue son action pour les jeunes, qu’elle planque en les munissant de pièces d’identité adéquates.

Son travail dans le Cantal à l’aide de réseaux clandestins (1943-1944)

Le Cantal a été malgré la forte implantation pétainiste et la présence de la Milice une terre d’asile pour les réfugiés souvent juifs étrangers. Le service administratif des étrangers à la préfecture d’Aurillac, tenu par Jeanne Lavialle a permis la régularisation de familles entières grâce à de faux papiers et surtout d’établir un réseau de bonnes volontés pour prévenir des rafles en particulier à la maison d’enfants de Vic-sur-Cère, autre relais géographique avec la présence de l’Amitié chrétienne.

Plusieurs filières de sauvetage d’enfants se sont implantées dans le Cantal surtout après les rafles d’août 1942 à l’encontre des Juifs étrangers. Des assistantes sociales représentant différents courants juifs s’y installent, comme Marie-Antoinette Liechty pour l’OSE, ou Suzanne Spanien de l’UGIF de Clermont-Ferrand avec Jacques Feuerstein. Franceline Bloch fait partie du réseau des EI avec Raymond Winter et Marthe Lévy. Dans le secteur, elle travaille sous la direction de Roger Climaud7 (dit Pierron) jusqu’à l’arrestation de ce dernier, et poursuit son action jusqu’à la Libération.

Le travail des assistantes de terrain est difficile, il faut prendre en charge des enfants dans la totalité du quotidien. Il faut payer régulièrement les pensions par mandat, venir sur place pour ramener ou déplacer des enfants, surveiller que tout se passe bien et surtout veiller à trouver des cartes d’alimentation pour tous. Ce qui fut un casse-tête constant et donna lieu à tous les trafics possibles, les cartes devant être mises à jour et changées tous les mois. Il faut également s’occuper du linge et des vacances. Tous cherchent en priorité des caches aidées et relayées par des femmes de bonne volonté non juives comme Alice Ferrières, du collège de jeunes filles de Murat ou encore Marthe Cambou, une autre enseignante et amie d’Alice.

On connaît l’action d’Alice Ferrières grâce à sa correspondance8. Cette jeune enseignante de mathématiques à l’école primaire supérieure de jeune fille E.P.S. de Murat s’est mobilisée pour envoyer des colis aux réfugiés juifs dès 1941. Son action s’est amplifiée lorsqu’elle entre en contact avec les réseaux clandestins de sauvetage. Les liens entre l’OSE et les EIF sont très étroits dans cette région9. Tous les responsables de la Sixième clandestine ont d’abord fait leurs armes à l’OSE ou vice versa qu’il s’agisse de Raymond Winter, Franceline Bloch ou Marthe Lévy. Tout le monde se croise soit au domicile d’André Salomon à Clermont-Ferrand en allant chercher des enfants, soit en plaçant des adolescents dans les fermes. Ces groupes connaissent les mêmes personnes relais, comme Alice Ferrières qui les aide dans leur travail quotidien, à porter des messages aux enfants ou à leurs familles, à trouver les premières planques pour les enfants soit chez les paysans, soit dans des collèges ou des institutions religieuses. A Murat, Franceline est responsable de 5 garçons en particulier.

Lors de cette période très éprouvante, elle fut bouleversée par l’épisode de la mort de plusieurs de ses amis proches, jeunes résistants, fusillés à Soubisergues, le 14 juin 1944, dans la commune de Saint-Georges (Cantal). Il s’agit de 25 otages choisis au hasard après la mort d’un capitaine SS, Hugo Geissler à Murat10 dont Raymond Winter, et ses cousins Marcel et Roger Gradwohl et Edgar Lévy. Après avoir passé la nuit chez Alice Ferrières, ils partent pour Saint-Flour rejoindre un responsable du maquis. Ce dernier n’étant pas au rendez-vous, ils passent la nuit à l’hôtel Terminus où viennent s’installer les forces allemandes et la Milice. Ils sont arrêtés, torturés et fusillés. C’est Franceline Bloch qui allait devoir identifier Raymond et Marcel. Elle se forgea à cette époque des amitiés pour la vie. Tous les jeunes dont elle a eu la responsabilité se retrouvent sains et saufs à la Libération. 

« Quelle plus grande joie pouvons-nous espérer maintenant que celle de ramener des enfants à leurs parents ? Et ce sera possible si rarement » Franceline Bloch à Alice 1er septembre 1944

Correspondance

Moulin à Alice, Aurillac 19 août 1944 (trois mois après la mort de ses camarades fusillés)

« Je vous écris du service des réfugiés, au milieu d’un brouhaha épouvantable et je n’arrive pas à me concentrer.

1 Ne payez pas la pension des enfants ; j’arriverai à obtenir ce que je voulais (…) Je suppose que le service paiera directement les familles. L’orgueil d’Henriette en souffrira tant pis.

2 Vous recevrez peut-être un colis du Secours national11 à destination des gosses. Voulez-vous assurer la répartition entre mes cinq gosses ? (Toutefois bien entendu si il y a des choses dont elles n’ont pas un besoin urgent et qui vous manquent pour les autres servez-vous.)

3 Roger n’est plus ici, il est avec le maquis peut-être à Mauriac peut-être en Avignon avec son frère.

(…) Ce matin j’ai atteint Vic et pour gagner du temps je pensais passer le dimanche à Vic et le samedi à Aurillac en remontant le soir à Vic. Malheureusement, c’est une journée fichue. Les nouvelles lamentables que j’amenais ont évidemment frappé Madame JACQUET12. Je tiens à vous remercier sincèrement pour ce que vous avez fait pour moi durant ces quelques jours. Je sentais que c’était vous l’assistante et moi l’assistée et que je faisais comme Annette et les autres gosses et que je me dégonflais devant vous. Et ça fait tant de bien quand on arrive plus à tenir le coup. J’admire, je l’avoue et je voudrais parvenir à ce degré de force morale qu’ont en général les protestants et qui leur permet de paraître toujours impassibles. J’avoue que j’ai ressenti ce que vous m’avez décrit ce sentiment que le Lioran constitue une barrière terrible entre les deux parties du Cantal. Je suis reprise maintenant par les mille problèmes de notre vie quotidienne. J’en suis heureuse : je ne suis pas mûre encore pour la vie méditative que Murat m’imposait et pourtant je sens peu à peu un accablement profond succéder à la réaction violente du début, à mesure que j’essaye de réaliser le vide.

Ici à Aurillac les rues sont remplies de jeunes gens. Plus de mitraillettes, fusils etc. plus de brassards mais des quantités de garçons du maquis.

Je respire et c’est beau de voir tant de garçons déambuler en se disant qu’ils n’ont plus besoin d’avoir peur ni de se planquer. Malheureusement tant d’autres qui n’auront plus la joie de voir les Américains. Un marchand de TSF fait hurler Radio-Londres pour que les gens s’arrêtent dans la rue et écoutent. C’est plus agréable que ces horribles discours de Laval ou autre. Déjà des affiches CGT sur les murs, des discussions entre FFI et FTP13 etc.

PS voulez-vous transmettre mes respectueux souvenirs au corps enseignant et spécialement à Mademoiselle Sagnier et Mademoiselle Cambou14

Franceline Bloch à Marthe Cambou, 12 juillet 1945

« Chère mademoiselle

Il y a bien longtemps que je voulais vous écrire et accaparée par tous les soucis de déménagements successifs, j’ai été négligente.

Malgré cela, je ne vous oublie pas et je tiens à vous remercier, bien qu’un peu tardivement, de toute l’aide que vous nous avez apportée au cours de l’année si dure que nous venons de vivre. Comme Mademoiselle Ferrières, vous étiez toujours là, « toujours prête » comme disent les scouts, à nous aider. Quelque fut la tâche à accomplir, vous gardiez votre sourire et vous la faisiez et je sais fort bien que si les enfants qui restaient encore en juin à Murat ont été casés, c’est en partie grâce à vous.

Et puis nos filles, et pas seulement celles du collège, vous aimaient. Annette m’a raconté bien souvent que c’est vous qui êtes venue la chercher quand Dad est parti et mille autres détails qui prouvent votre dévouement me viennent à l’esprit.

Car il est bien plus difficile de trouver des personnes, comme Mademoiselle Ferrières et vous, dont la bonne volonté soit permanente et prête à s’appliquer aux mille petits détails de la vie quotidienne.

Chacun de nous a vraiment pu apprécier la valeur de votre aide, apportée souvent en silence et sans ostentation, mais qui n’en était que plus appréciable.

Je voudrais que le professeur de lettres excuse le style et l’écriture de cette missive dont la forme laisse beaucoup à désirer et ne juge que la sincérité du fond. Car ma lettre ne serait jamais partie, si j’avais attendu qu’elle fût rédigée correctement »

Moulins

Après la guerre, Franceline chargée de mission à l’UNRRA auprès des personnes déplacées

Peu de choses sont connues sur les camps de personnes déplacées en Allemagne, après la guerre, et encore moins sur les Juifs qui y étaient parqués dans l’attente dont ne sait trop quoi.

De juillet 1945 à janvier 1947, Franceline fut nommée par Le Joint15 via l’OSE, chargée de mission à L’UNWRA , United Nations War Refugee », administration des Nations unies pour le secours et la reconstruction16. Cet organisme, chargé d’entreprendre la reconstruction de l’Europe, avait pour objectifs de planifier, coordonner, et porter secours aux victimes du conflit dans toutes les zones sous le contrôle des Nations unies, grâce à la fourniture d’aide alimentaire, de soins médicaux, de carburant, de vêtements, et autres produits de première nécessité. L’UNRRA a également joué un rôle essentiel pour aider les personnes déplacées à retourner dans leur pays d’origine, sauf pour les Juifs dont la majorité voulait partir en Palestine mandataire bloquée par le Livre blanc britannique17.

Des équipes de médecins, infirmières, assistantes sociales sont chargées d’inspecter les zones d’occupation de l’Allemagne où se trouvent les camps de personnes déplacées. La première équipe fut celle du Dr Gaston Revel avec Fanny Loinger de l’OSE au camp de Buchenwald pour y rapatrier des jeunes déportés18, avec en août une nouvelle mission au camp de Neustadt. En juillet ce fut le Dr Henri Nerson qui inspecta le camp de Bergen Belsen. Charlotte Rosenbaum-Helman, assistante sociale de l’OSE, le rejoint pour s’occuper des enfants et des adolescents.

Ce fut à chaque fois un cri d’alarme sur une dénazification improbable et sur le traitement inique réservé aux personnes déplacées, en particulier aux Juifs qui sont souvent moins bien traités que leurs bourreaux. Ces rapports illustrent et viennent compléter le rapport Harrison, commandé par Roosevelt, sur le traitement des Juifs dans les camps de DP de la zone américaine et sur l’attitude pour le moins ambiguë des vainqueurs sur le terrain de la vie quotidienne : « en état actuel des choses, nous semblons traiter les Juifs de la même manière que les nazis, à ceci près que nous ne les exterminons pas19» Les camps, souvent situés dans d’anciennes casernes SS, sont dispersés dans chacune des zones d’occupation alliées, la soviétique, l’américaine, la britannique et la française et sont gérés tant bien que mal par les militaires chargés de nourrir les personnes, de les soigner et de les protéger en attendant leur départ vers une destination de leur choix. Mais la peur latente d’être rapatriés de force dans leur pays d’origine règne partout ainsi que le marché noir. Enfin les militaires rechignent à autoriser les organisations caritatives et les services sociaux civils à entrer dans les camps.

Franceline travaille en zone d’occupation américaine, qui est la plus importante, Kassel, Eschwege, et Zeilsheim. Le quartier général se trouve à Francfort dans le bâtiment de l’IG Farben. Suite au rapport Harrison, elle est la seule à avoir ouvert des camps de DP juifs dont celui de Zeilsheim. Plusieurs milliers de juifs polonais vivent dans des baraques de briques épargnées des bombardements. C’est un camp modèle sioniste ravitaillé par le Joint et géré par les personnes elles-mêmes. Il possède deux écoles, une synagogue, une bibliothèque, mais également un tripot et un restaurant qui ne fonctionnent qu’avec le marché noir. Franceline est chargée d’aider et d’accompagner des juifs souvent très pratiquants réfugiés là depuis des mois sinon des années20. Certains espéraient pouvoir obtenir des visas légaux ou trouver des places dans un bateau clandestin pour Israël par le biais de l’agence juive. Les départs se faisaient souvent par Le Grand Arenas à Marseille.

« J’étais dans ce camp de DP sous l’uniforme américain, logée avec l’armée et je mangeais au mess des officiers. Tout le monde parlait le yiddish sauf moi. Je me souviens d’avoir passé des réunions interminables avec des discours officiels auxquels je ne comprenais rien, j’avais repéré quand je devais leur parler et me contentais de leur dire ce qu’ils voulaient entendre, que je leur souhaitais de réussir à aller en Palestine et je me rasseyais sous les applaudissements.

C’étaient des pauvres gens, souvent très religieux. Je me souviens avoir fait une gaffe monumentale en serrant la main à un jeune marié sorti de la houpa. (dais nuptial)

Le but final de notre travail était de vider le camp, mais en attendant d’organiser la vie collective d’une communauté qui manquait de tout, en particulier de vêtements car les « smates » venus d’Amérique étaient soit vieilles, soit scandaleusement inadaptés, comme des robes longues noires et décolletées et des chaussures à haut talons. 21»

Malheureusement nous ne connaissons pas ses sentiments sur les difficultés et sur la misère et les injustices ambiantes, d’autant qu’elle y est restée près d’un an et demi.

Franceline passe ensuite 2 ans aux USA (octobre 1948-août 1950) et obtient son « Master of Social Work »

Suite à son action pendant la guerre, Franceline obtint une bourse d’une organisation sociale américaine proche du Joint, et du judaïsme libéral, le National Concil Of Jewish Woman. Cette organisation,composée de bénévoles, avait envoyé en France une représentante, Gloria Wagner pour mettre sur pied différents programmes d’aide individualisée dont des bourses pour aller étudier le travail social, « Welfare » dans des universités américaines22. C ‘est ainsi que Franceline passa deux ans, de 1948 à 1950, à Seattle d’abord, puis à Pittsburg où elle obtint, le 14 juin 1950, un master en travail social (équivalent d’un diplôme d’études supérieures dans une université française).

En effet, malgré ses 62 écoles de travail social en France, la profession est plutôt dévalorisée au regard des études universitaires. Dès la fin de la guerre, en 1944, les travailleurs sociaux se regroupent dans l’Association Nationale des Assistants et Assistantes de Service social (l’ANAS) dans le but de renforcer les identités professionnelles. En avril 1946, le diplôme d’état est obligatoire ou un examen de récupération pour ceux qui avaient travaillé 5 ans dans le social. 10 000 personnes ont cherché à se faire qualifier par ce biais.

Beaucoup d’assistantes sociales juives s’étaient formées sur le tas dans les organisations de sauvetage, comme l’OSE ou la Sixième des EIF23, mais n’avaient pas de réelle formation.

En1948, environ 1400 personnes étaient employées dans des œuvres juives sociales24 qui accueillent avec beaucoup d’intérêt l’aide américaine dans le cadre des programmes du Joint. Des social workers américains comme Shirley Hellenbraun, ou Hermann Stein viennent porter la bonne parole et faire connaître les méthodes anglo-saxonnes totalement ignorées en France en particulier le case work et la supervision. Ces méthodes de travail social d’origine anglo-saxonne s’inspirent de la psychologie dynamique, aider les gens à s’adapter à leur milieu. Il s’agit de faire l’étude approfondie de chaque cas pour aider l’individu à se libérer ou pour résoudre divers problèmes familiaux. Ainsi le family case-work s’appuie sur les théories de la séparation préconisant l’évaluation, la préparation du placement et le maintien des liens entre l’enfant et sa famille25. Chaque situation est non seulement bien définie, mais la relation entre « le client 26» et le travailleur social minutieusement analysée. Quant à la supervision, exercice redoutée de tous, elle permet d’aller sur la voie de la professionnalisation.

C’est dans cette intention que fut ouverte en 1950, l’école Paul Baerwald, à Versailles, dans le château de la Maye27 qui profita à un grand nombre de travailleurs sociaux et permit par exemple la mise sur pied d’un service social autonome à l’OSE. Un séminaire de psychologie dynamique est mis en place par le Dr Claude Veil dans le cadre du réseau issu de l’école. Franceline en fera partie très tôt. La notion de case work y fut approfondie, case work « avancé », case work sorte de psychothérapie.

Ce voyage de Franceline en Amérique, quel évènement pour toute la famille ! Le 3 octobre 1948, c’est le départ : avec une grande émotion Franceline est accompagnée par toute sa famille au train qui doit la mener à l’avion (c’était son premier voyage en avion !). Elle raconte : « le billet coûtait 96 600 f, soit environ 7 mois de mon salaire de l’époque. On m’a donné l’argent en espèces, je n’en avais jamais eu autant à la fois, et j’ai couru payer mon billet . »

Le retour, le 30 août 1950 : Franceline écrit « j’ai embarqué sur le Queen Mary, j’ai encore l’étiquette du bateau ! A Cherbourg, j’ai pris le train et en arrivant à la gare Saint-Lazare, j’ai eu la joie de voir la famille qui m’attendait.28 »

Ces années de formation permettent à Franceline de s’orienter vers ce qu’elle a toujours voulu faire, du travail social, grâce à sa formation dans un pays largement en avance sur les méthodes d’un concept moderne qui cherche à se dégager de la notion de charité publique. Comment adapter l’individu au milieu social, en partant de l’enfant ? Comment maintenir l’équilibre familial ? Comment assurer la sécurité du travailleur en difficulté ? Quelle assistance pour les plus vieux ? Elle réalise que les champs d’intervention du travail social sont illimités, mais que la prévention est le premier gage de réussite. Enfin la nécessité d’approfondir les connaissances en psychologie et psychiatrie est indispensable29.

Le déroulement de la formation aux USA dans le domaine social

En dehors des cours de formation générale sur le développement de la personnalité, la prévention, le traitement des maladies et le case work, Franceline a suivi un stage de 3 jours par semaine lui permettant de mettre en pratique ses connaissances théoriques dans un service de placements d’enfants séparés plus ou moins momentanément de leurs parents30.

La 2e année, Franceline s’est spécialisée dans le domaine psychiatrique, avec un malade présenté aux étudiants chaque semaine. Le psychiatre, le psychologue, l’assistante sociale, l’infirmière présentent leurs rapports respectifs, afin de donner un tableau aussi complet que possible de l’histoire sociale, des symptômes et du comportement du malade avant et après son internement.

Le but de ces cours est de familiariser les étudiants avec les formes diverses que peuvent prendre les troubles affectifs ou mentaux en même temps que de montrer aux assistantes sociales leur rôle de prévention et de traitement en ce qui concerne les familles ou le milieu social du malade.

Puis elle fit un stage de trois jours par semaine dans une consultation d’hygiène mentale pour adultes et enfants rattachée à un hôpital psychiatrique (Child guidance clinique). Ce qui lui permit de cerner un peu plus la profession. « Le rôle du service social est double avant le traitement l’assistante réunit toutes les informations nécessaires afin de présenter une histoire sociale du malade aussi complète que possible. Il ne s’agit pas seulement de présenter des faits mais aussi de refléter l’atmosphère dans laquelle s’est développée la personnalité du malade, d’indiquer comment il s’est adapté à son milieu familial professionnel ou scolaire.31 »

Retour de Franceline en France : son travail dans le domaine social

À son retour, Franceline travaille pendant six ans au Service social des Jeunes, 27 avenue de Ségur, avant d’être embauchée comme directrice du service social du bureau d’aide psychologique universitaire (BAPU) situé 72, boulevard Montparnasse. Elle y reste 18 ans, de novembre 1956 à septembre 1974. Elle termine sa carrière au CASIP comme directrice du service d’action sociale, poste qu’elle occupa de septembre 1974 à mars 1987.

.Le Service social des jeunes

Ce service est né de la guerre et a démarré en zone nord sous couvert de l’UGIF, service 60, sous le titre de Service social. Il s’agit donc d’un travail social scout qui se prolongea en zone sud. Après la guerre, beaucoup de cheftaines furent transformées en assistantes sociales pour les adolescents en souffrance, seuls et sans ressources32. En 1946, le SSJ emploie 21 assistantes sociales diplômées d’Etat qui travaillent un peu partout en France ; elles s’occupent de jeunes juifs de 14 à 23 ans. Des bureaux sont ouverts à Paris, Moissac où se trouvait le Centre de formation professionnelle des EIF, Toulouse, Marseille, Lyon et Nice. Certains sont d’anciens déportés fuyant l’Europe centrale et qui tentent de se reconstruire en France. La plupart sont des enfants cachés, souvent orphelins, et tous ont des besoins spécifiques. Franceline a travaillé à partir de 1950 à la direction des activités sociales du SSJ. Elle y a connu Georgette Karp (née Bomberg) et surtout Denise Kahn qui dirigeait le service d’orientation professionnelle33. Elle était très liée à Denise Baumann, éducatrice à l’OSE pendant la guerre et dans le circuit clandestin Garel. Après la guerre elles se retrouvent au Service social des Jeunes où Denise travaillait au Service d’orientation professionnel.

Le BAPU, Bureau d’aide psychologique universitaire

Il s’agit de centres de consultation, composés de psychothérapeutes, d’assistants sociaux et d’un service administratif. Ils sont ouverts à tous les étudiants qui souhaitent une aide. Ces bureaux sont créés en 1955 sous l’égide du Comité universitaire pour la santé mentale conjointement avec les mutuelles étudiantes. Franceline Bloch devient directrice d’un important service social centré sur la condition étudiante. Son travail au BAPU de Paris pendant 18 ans lui permet d’appréhender d’autres milieux que celui des Juifs et d’autres problématiques plus axées vers la psychiatrie. En effet à cette époque le besoin thérapeutique est pressant dans « un double mouvement conjuguant l’investigation systématique en profondeur, à longue échéance, et l’action thérapeutique et préventive immédiate34. » En février 1956, le BAPU, installé dans les locaux de la Sécurité sociale des étudiants, emploie 10 conseillers. En 5 mois, il a été ouvert en moyenne plus de deux dossiers nouveaux chaque semaine ce qui témoigne de l’ampleur des besoins. A l’arrivée de Franceline en novembre, le BAPU, installé au 72 bd du Montparnasse, est en pleine expansion car les problèmes sont particulièrement aigus à Paris Elle contribue à faire connaître les techniques du case work dans le travail social et les mettre en application.

Dans les années soixante, Franceline participe à la vie d’une revue spécialisée éditée par la Mutuelle des étudiants de France, Recherches universitaires, dans le comité technique, avec les professeurs Oury, Veil et Zazzo35.

Le CASIP, fondation accompagnant plus de 30 000 usagers en situation de fragilité

Anciennement Comité de bienfaisance israélite de Paris (CBIP), il fut créé en 1809, dans le cadre de l’organisation du culte initié par Napoléon36.

Il devient le Comité israélite d’action sociale de Paris, en août 1963, ayant depuis plusieurs années entamé sa mue de la charité au service social pour devenir une institution moderne à l’image de la société de l’époque. Mais il garda longtemps les préjugés sur la pauvreté et la bienfaisance. Sous le mandat de Franceline Bloch, l’accueil des juifs d’Algérie se poursuit au CASIP qui avait accueilli auparavant les réfugiés du Maroc et de la Tunisie.

Dans un besoin de formation permanente, Franceline multiplie les groupes d’études et les séminaires. Ainsi en 1972, elle participe à un groupe de travail réuni autour de Claude Veil, sous-directeur d’études à la VIe section de l’Ecole pratique des Hautes études sur « les perspectives de la contribution des sciences sociales et humaines au travail social dans les deux prochaines décennies » :, une réflexion approfondie sur le devenir du travail social.

Elle est membre actif du groupe d’études de travail social psychiatrique (GETSP) qui fut très productif pendant plusieurs décennies.

En mars 1987, elle termine au CASIP une carrière bien remplie qui témoigne d’un engagement et d’un dévouement sans faille. La direction du CASIP dit d’elle « Collaboratrice depuis 13 ans, elle lui a donné le meilleur d’elle-même. Chacun s’accorde à reconnaître sa compréhension des situations les plus difficiles, son intelligence des êtres humains et sa compétence ».

Elle y fut si appréciée que le CASIP décida de lui rendre hommage lors de son décès en organisant une séance à laquelle furent conviés également sa famille, quelques amis, et des représentants de diverses associations dans lesquelles elle avait œuvré, dont le scoutisme (EEIF et FFE) et ATD Quart Monde.37

HAZAN Katy, historienne à l’OSE mars 2025

Sources :

Archives de l’OSE

Entretien avec la nièce de Franceline Bloch

1 Le mouvement des Eclaireurs israélites de France a été fondé à Paris en 1923 dans le sillon du judaïsme consistorial. Il a pour origine la section scoute du patronage animée par le grand rabbin de la Victoire Maurice Liber porte-parole du franco judaïsme très opposé aux sionistes et créée sur le modèle protestant des éclaireurs unionistes. En 1923, la patrouille des bluets se sépare du patronage et devient une troupe indépendante sous l’impulsion de Robert Gamzon (dit Castor soucieux) et sous la présidence de l’écrivain Edmond Fleg. En 1928, la création de la branche strasbourgeoise d’où sont issus les cadres de la résistance juive lui donne une autre dimension. Le compromis de Moosch en 1932 consacre le pluralisme à savoir l’entrée des sionistes et des libres penseurs, et définit le minimum commun. Les centres parisiens de la rue Vidal puis de l’avenue de Ségur orientent le mouvement vers le travail manuel, le retour à la terre et le développement de la culture physique.

2 Le Service social des jeunes a été créé à Gurs pour la sortie légale des jeunes juifs étrangers internés ? Il devait trouver des débouchés pour les jeunes en apprentissage sur le modèle du Service social des étrangers mis en place par Vichy. Ce service était le 5eme bureau de la 4eme direction jeunesse, avec un bureau dans les locaux de l’UGIF de chaque ville. Derrière ce paravent officiel dirigé par Marc Haguenau, Secrétaire général des EIF, vient se greffer un circuit clandestin appelé par dérision la Sixième pour aider les adultes à se cacher et surtout sauver les enfants.

3 Organisme clandestin des EIF, littéralement 6eme section de la 4eme direction jeunesse, il est dirigé par Henri Wahl, assisté de Ninon Haït à la tête des assistantes sociales, tandis que Denise Levy (Belette) assure les liaisons des responsables de régions. Les groupes de la Sixième se consacrent à la confection de faux-papiers, au sauvetage d’adultes et d’enfants et au passage des frontières.

4 Le MJS est une tentative réussie de regroupement de la myriade des mouvements de jeunesse sionistes. Le projet union est concrétisé à Montpellier en août 1942 sous l’impulsion de Simon.i Levitte;, membre de l’équipe nationale des EIF, et Dika Jefroykin, l’un des dirigeants de l’AJ et délégué du Joint américain.

5 L’Armée juive créée à Toulouse au lendemain de la défaite a pour but la lutte contre les nazis et la création d’un état juif en Palestine.

6 Le rabbin René Samuel Kapel faisait partie de l’aumônerie générale des camps. Ami de Jacques Lazarus, il animait le corps franc de l’Armée juive à Toulouse. Recherché par la Gestapo, il entre dans la clandestinité.

7 Chef régional EI pour la région Centre. Arrêté à Lyon, il est torturé par Klaus Barbie et déporté par le convoi 76. A Monowicz, Kommando d’Auschwitz-Birkenau, il retrouve ses camarades de combat, Claude Gutmann et Jacques Feuerstein. Il survit aux marches de la mort et revient en France en mai 1945. Organisation juive de combat, France 1940-1945, édition Autrement, 2006, p.287

8 Patrick Cabanel, Chère Mademoiselle, Alice Ferrières et les enfants de Murat, 1941-1944, Paris, Calmann-Lévy, 2010

9 Georges Garel, Le sauvetage des enfants juifs par l’OSE, Paris, Le Manuscrit, 2012, p.212

10 Tué par des maquisards lors de la bataille du Mont Mouchet. Il était en train d’arrêter des partisans à Murat

11 Secours national fondé en 1914 pour venir en aide aux populations éprouvées par les bombardements. Il est réactivé en 1939 et placé sous l’autorité du Maréchal Pétain

12 Directrice de la maison d’enfants. La première était Henriette Frenkel-Malkin de l’OSE et abritait surtout des filles sorties de Rivesaltes

13 Forces françaises de l’intérieur et Francs-tireurs partisans.

14 Marie Sagnier directrice de l’EPS et Mademoiselle Marthe Cambou une autre enseignante normalienne, amie d’Alice. Toutes les deux ont eu le titre de Juste parmi les nations en 1964. Le dossier de Marthe Cambou fut préparé par Franceline Bloch.

15 AJJDC American Joint Jewish Distribution Committee dit Joint

16 Créé en mars 1945, il fut appelé UNRRA, United nations Relief and Rehabilitation Administration

17 Il existe 3 livres blancs pour limiter l’immigration juive en Palestine. Celui de 1922 retreint les achats de terres, le 2e en 1929 remet en question l’implantation juive en Palestine, le 3e publié en 1939, impose une réduction de l’immigration à 75 000 personnes sur 5 ans, soit environ 14 000 juifs par an. La population juive ne devant pas dépassée 1/3 de la population totale.

18 Dr Gaston Revel, Et du fond de tes blessures je te guérirai, Le Manuscrit, 2022

19 Ibid, p 207-208

20 Le dernier camp ferme en 1957

21 Entretien de Franceline avec Yoram Mouchenick, qu’il en soit remercié

22 Le Welfare comprend différentes branches comme le travail social, la petite enfance et la santé publique qui sont enseignées dans les universités.

23 On se souvient du projet d’ Andrée Salomon d’organiser en 1942 à Marseille un cours de formation en travail social refusé par le gouvernement de Vichy au nom du statut des Juifs.

24 Laura Hobson Faure, « Un plan Marshall juif », la présence juive américaine en France après la Shoah, 1944-1954, Armand Colin 2013, p.233

25 Michèle Becquemin, Une institution juive dans la république, l’œuvre de secours aux enfants,

26 Ce terme nouveau permet de sortir de la philanthropie sociale

27 Du nom d’un ancien président du Joint et philanthrope américain. Ibid, Laura Hobson Faure, p. 238

28 Franceline Bloch, mémoires, documents de sa nièce Françoise

29 Notes prises par Franceline Bloch en novembre 1948

30 Choix des familles nourricières, suivi de l’enfant, contacts avec la famille naturelle, Ces situations furent appliquées en France dans les services sociaux de l’OSE et du CASIP.

31 Notes de Franceline Bloch à Pittsburg en 1949

32 En 1946, ils étaient 2500 inscrits dans les fichiers du SSJ. Archives AJJDC New York, Box 150B, File 2190

33 Ce service fut agréé en 1954 par le Ministère de l’Education nationale, introduisant l’orientation et les examens psychologiques dans les écoles juives.

34 Extrait de la revue l’Hygiène mentale, n°4, 1956, Eliane Amado-Levy-Valensi, Jacques-Antoine Gau et Claude Veil, « Hygiène mentale et condition étudiante, le BAPU

35 Dont le rôle fut important en 1968.

36, Céline Leglaive-Pérani, « Le judaïsme parisien et le Comité de Bienfaisance israélite », Archives juives, n°44/1, Les belles Lettres, 2011.

37 Un grand merci à Françoise Perl, sa nièce qui a grandement contribué à cet article